Pasamonik_thumb Patrick Gaumer n’a pas (encore) la barbe blanche. Il est pourtant le vénérable successeur de Pierre Larousse en matière de bandes dessinées. La nouvelle édition de son « Dictionnaire mondial de la BD » vient de paraître.  Rencontre.

Né le 17 août 1957 à Segré dans le Maine et Loire, le « vice » de la lecture lui vient de son grand-père qui était mineur de fond et dont le travail consistait à s’occuper des chevaux quasi aveugles qui y tractaient les wagonnets. Ce travailleur qui n’avait pas pu faire d’études avouait avoir une grande passion : l’Histoire, celle de la Seconde Guerre mondiale, de De Gaulle, etc. « J’ai toujours connu cela, raconte Patrick Gaumer. Et aussi la radio : je rêvais devant son poste à galène où l’on pouvait entendre sur les ondes courtes Berlin et Moscou… Je me disais qu’un jour, j’irais dans toutes ces villes ! »

Patrick GaumerLes parents de Patrick Gaumer sont d’origine modeste : le père travaille en usine depuis l’âge de 13 ans, ayant été apprenti bourrelier, puis tanneur, des métiers difficiles ; sa mère est fonctionnaire au Trésor Public de cette petite ville de l’Anjou noir. Un père pas vraiment doué pour la parole : « La communication passait par des silences, avec une dose d’amour immense », précise Patrick, le fils aîné des deux enfants du couple.

La passion de la BD

Le jeune Patrick découvre la BD grâce aux quotidiens d’abord : les aventures de Lariflette publiées dans Ouest France et Les aventures de M. Mouche dans Le Courrier de l’Ouest, les magazines féminins de sa mère ensuite : Bonnes Soirées, avec la série Sylvie illustrée par Martial, et Femmes d’Aujourd’hui, où sévissaient les aventures de Bob Morane d’Henri Vernes et Gérald Forton, ou encore Trompette le petit éléphant par Moreau. Ces lectures sont complétées par les publications de Fleurus Presse : Perlin Pinpin, Fripounet & Marisette…

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Pasamonik_thumb Alors que pour la 7ème année consécutive, le Forum International Cinéma & Littérature de Monaco s’apprête à décerner le Prix de la Meilleure bande dessinée adaptable à l’écran, le moment est venu de faire le point sur ce que signifie « adapter une BD ».

Affiche Forum 2010 C’est un fait, la BD a conquis l’écran. Chaque année, deux à trois bandes dessinées européennes sont adaptées et une douzaine de BD américaines. Quant aux BD japonaises, l’adaptation fait partie de leur business model. C’est impressionnant. Pourtant, le mariage de la BD et du cinéma existe depuis longtemps. L’Arroseur arrosé des Frères Lumière (1895) est en réalité l’adaptation d’une BD d’Hermann Vogel et les premiers dessins animés étaient déjà des adaptations de bandes dessinées connues de Winsor McCay, par exemple.

Le Forum de Monaco a donc prix acte de cette réalité en donnant une large place au neuvième art. Le Prix de la meilleure BD adaptable a été créé pour attirer l’attention des producteurs et du monde du cinéma sur une œuvre publiée dans l’année écoulée. Le premier prix remis par ce jury l’a été pour Quartier Lointain de Taniguchi, lequel devrait sortir sur les écrans en Septembre 2010, réalisé par Sam Garbarski, avec Jonathan Zaccaï, Léo Legrand et Alexandra Maria Lara. A l’époque, Jean Giraud était président du jury et avait déclaré : « Giraud vote pour Jirô ! »

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16 h 00 min

Pasamonik C’est une des révélations de la nouvelle bande dessinée italienne dont la carrière s’est construite sur seulement quelques albums. Recruté par les éditions Delcourt à Angoulême, Theo est adoubé par le pape des scénaristes : Alejandro Jodorowsky.

Theo Caneschi, alias Theo, est né en 1973 et, comme Leonardo, à Vinci. Son enfance, il la passe notamment à lire des BD, comme tout Italien de sa génération qui se respecte.  Et sa vocation pour le dessin se manifeste très tôt.

Jororowsky Theo oct 09 021Après le lycée, il s’inscrit dans une école d’art privée, la « Scuola Internazionale di Comics » qui venait d’ouvrir à Florence, et dirigée par Eleuteri Serpieri, le dessinateur de la sulfureuse Druuna. Grâce à cette école, il put se rassurer du fait que la bande dessinée pouvait être un métier.

Un métier plus qu’un moyen d’expression car, en Italie, seules deux voies « industrielles » s’offrent au jeune aspirant dessinateur sorti de l’école :  soit rallier les studios Disney qui produisent localement des bandes dessinées de Mickey et de Donald en coulée continue. L’Italie est en effet un des grands centres mondiaux de la production éditoriale de Disney Productions (avec la Scandinavie, la Hollande et le Brésil). Le producteur de Burbank possède même une académie à Milan où la société forme ses futurs dessinateurs.                               Soit  rejoindre « l’écurie » de Sergio Bonelli, l’éditeur des grands succès italiens (également très présents en France) que sont Tex Willer, Zagor, Capt’ain Swing, Miki le ranger, Mister No, Martin Mystère, Ombrax, Ken Parker et Dylan Dog.

L’une et l’autre de ces compagnies vendent des centaines de milliers de leurs publications en Italie et nourrissent ainsi une bonne partie des auteurs de la péninsule.

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Pasamonik En janvier 2011, Jean Solé fêtera ses 25 ans de présidence du jury du concours scolaire. Né en 1948, il entre à Pilote en 1971 puis accompagne Gotlib à la fondation de Fluide Glacial en 1975, où il reprend les aventures de Superdupont. On lui doit aussi le dessin qui sert de logo au Guide du Routard. Rencontre avec celui qui accompagne depuis 25 ans le Concours Scolaire organisé par la Caisse d’Epargne.

Comment êtes-vous arrivé à la présidence, M. le Président ?

Par un concours de circonstance curieux. La Caisse d’Epargne avait organisé il y a 26 ans, alors qu’elle venait d’être partenaire du Festival, une exposition qui s’appelait « Graines de Pro » qui consistait à demander à des dessinateurs connus de montrer leurs œuvres d’enfant. Moebius, Mézières, Druillet, … y ont participé. Une bande dessinée a été éditée à l’issue de cette exposition. Sole Jan 2010 Jacques Lob s’était chargé, en tant que commissaire, de glaner toutes les œuvres chez ses collègues. Dominique Brechoteau imagina le Concours Scolaire, un an après la première édition du Festival. Quand la Caisse d’Epargne est devenue partenaire du Festival, elle a apporté son soutien à cette belle initiative. Le concours a pris alors tout son essor car, en s’appuyant sur son réseau, ce sont des milliers de planches qui ont été envoyées.  Lob a été le premier président du jury duquel je faisais partie puis, en 1986, Lob a eu le Grand Prix de la Ville d’Angoulême. Il m’a demandé alors de devenir président à sa place. Il est ensuite tombé malade et il est mort.

Est-ce qu’en 25 ans les méthodes de sélection du jury ont beaucoup changé ?

Sur la méthode, non. Certains membres y sont depuis très longtemps, comme Frank Margerin, même si la composition du jury  change d’année en année. Beaucoup d’auteurs ont pu apprécier le talent des participants :  Pétillon, Cestac, Bertail, Guy Vidal… Les modalités sont à peu près les mêmes.  Le règlement a changé pour s’adapter à la nomenclature des prix, mais notre travail de juré est resté le même. Il faut sélectionner et décerner les prix en notre âme et conscience.

Comment a évolué le travail des jeunes créateurs ?

Difficile à évaluer. Cela a évolué évidemment. Comme je l’ai évoqué lors de la remise des prix, il y a maintenant une grosse participation de filles, quasi la moitié, ce qui n’était pas le cas il y a 25 ans.

Est-ce que la qualité a augmenté ?

Il y a de tout. Il y a évidemment des choses maladroites, d’autres plus performantes. On a senti l’influence du manga à une époque, cela s’est un peu essoufflé. Mais encore une fois, le jury intervient sur une présélection qui a été faite, environ 700 planches. Je ne vois pas la globalité de ce qui est reçu et heureusement car chaque année, ce sont plus de 4 000 planches.

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Pasamonik Parrainé par la Caisse d’Epargne, la Région Poitou-Charentes et le syndicat mixte angoumoisin Magelis, le concours Jeunes Talents promeut depuis dix ans des talents de bande dessinée n’ayant pas encore publié. Cette année, c’est Guillaume Chauchat qui remporte la palme.

 

Il n’est pas inutile de le rappeler : il faut bien distinguer le concours « Jeunes Talents » qui s’adresse à des auteurs qui n’ont pas encore publié avec le « Gang des Talents » qui distingue des auteurs déjà publiés professionnellement. Ces derniers font l’objet d’un autre prix soutenu par la Caisse d’Epargne : le Gang des Talents. Ainsi, entre le Prix de la BD Scolaire, le concours Jeunes Talents, le Gang des Talents puis le Prix des libraires, c’est un véritable maillage qui s’opère dans l’accompagnement des talents de demain soutenus par la Caisse d’Epargne tout le long de leur carrière.

Guillaume Chauchat

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On avait vu arriver la « Nouvelle Bande Dessinée » dans l’Académie des Grands Prix : Trondheim puis Blutch. Mais cette fois, c’est la génération précédente qui est saluée avec un auteur qui rassemble à la fois les amateurs de bande dessinée classique et les amateurs de bande dessinée dites « d’auteur ».

Son nom circulait sur les listes des membres de l’Académie depuis plusieurs années. Cette fois, il est sorti des rangs avec, selon nos renseignements, une relative unanimité.

Né en 1947, Baru fait ses débuts à Pilote en 1982. Cet ancien professeur d’éducation physique est attaché à montrer des milieux modestes reflètent les préoccupations sociales de l’Est de la France d’où l’auteur est originaire, économiquement sinistré avec le déclin de l’industrie minière. Quéquette Blues, Les Années Spoutniks, Le Chemin de l’Amérique, L’Enragé… racontent des histoires de jeunes qui essaient de s’en sortir dans un contexte difficile. Récemment, en 2008, il avait adapté pour la collection Casterman / Rivages / Noir, Pauvres Zhéros, un roman de Pierre Pelot.

Baru

Cet auteur « social » et artiste intègre s’inscrit dans la droite ligne d’un Munoz, un Grand Prix 2007 qui, lui aussi, avait fait l’unanimité.

Le Prix du Meilleur album de l’année a été attribué à Riad Sattouf. Ce choix peut interloquer quand on le compare aux années précédentes car il s’agit d’un album d’autant plus « commercial » que Sattouf est devenu, grâce à son film, Les Beaux gosses, une valeur incontournable en librairie.

Pasamonik Le Concours de la BD Scolaire a véritablement reçu une impulsion définitive il y a 26 ans, lorsque la Caisse d’Epargne est venue le soutenir. Il lui fallait cet acteur d’envergure pour imposer au niveau national le concours  initié par Dominique Brechoteau dès la seconde édition du Festival, il y a 36 ans.

Cela fait en revanche 25 ans que le dessinateur Jean Solé (Superdupont mais aussi la couverture du Guide du routard…) préside le jury. Avec François le Bescond, Directeur de collection aux éditions Dargaud, ils ont souligné combien la qualité de la sélection était encore extraordinaire cette année. L’éditeur ne manqua pas de faire remarquer à quel point ce concours était un formidable élan de créativité qui a suscité bien des vocations, tandis que le dessinateur constatait qu’il y avait « de plus en plus de filles ».

Charbit Tinlot

L’important est que cela suscite véritablement des vocations. Un exemple parmi d’autres : Jochen Gerner, lauréat de ce concours, auteur devenu professionnel aujourd’hui et exposé au Festival lors de cette édition. C’est cet accomplissement que visent les actions de la Caisse d’Epargne, un accompagnement de la créativité.

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On sait que la Caisse d’Epargne défend la cause de la bande dessinée à Angoulême depuis 26 ans déjà, grâce au Concours de la BD  scolaire et grâce au parrainage du Pôle  Jeunesse et des principaux prix Jeunesse du Festival International de la Bande Dessinée. Hier matin, le Directeur de la Communication, Image et Sponsoring  Caisse d’Epargne, M. Jacques Charbit, et le Directeur de la Cité internationale de la bande dessinée, ont signé un accord.  La Caisse d’Epargne devient mécène de la salle de médiation culturelle de la Cité.

Ils étaient tous là pour assister à la signature de cet accord historique : Francis Groux, l’un des trois fondateurs du Festival, Dominique Brechoteau, le créateur du Concours Scolaire et le président du jury, le dessinateur Jean Solé, tous ceux qui, depuis le début, se battent pour que la jeunesse soit représentée à sa juste place dans le premier festival de bande dessinée d’Europe.

Gilles Ciment

Entre-temps, ces initiatives passionnées se sont transformées en institutions au premier rang desquelles figurent le Musée de la bande dessinée et la Cité de la bande dessinée, devenue la figure de proue de la « Vallée des images ».

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Un jury de jeunes a désigné Lou ! (Glénat) et Julien Neel comme lauréat du Prix jeunesse d’Angoulême 2010 dont la Caisse d’Epargne est le parrain. C’est la deuxième fois que cette série est distinguée par le Festival. Julien Neel avait déjà reçu la même distinction en 2005, mais cette avec bonheur qu’il ajoute le Fauve de Trondheim à sa collection.

SJ11-LOU-05_cover Chronique de l’enfance puis de l’adolescence, une période de la jeunesse faite de ruptures plus ou moins dramatiques qui sont ressenties de façon très sensible par la jeune fille : Elle fait d’une part le deuil de sa maison et accueille d’autre part un petit frère dans la famille qui, le temps qu’on lui trouve un prénom est surnommé par Lou : Laser Ninja.

Le choix du jury semble avoir été disputé mais c’est notre pétulante héroïne qui emporta la palme, probablement aidée par la diffusion sur la télévision d’une adaptation en dessins animés qui fait un carton dans les taux d’audience.

Best-seller dans un secteur –la bande dessinée jeunesse- concurrencée par le livre jeunesse et très dépendante de la grande distribution. L’univers à la foi très « cartoon » et en même temps très tendre de Julien Neel a su, en cinq albums prendre une place marquante à la fois en librairie et dans le cœur des jeunes lecteurs.

Lou et enfants

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Pasamonik Si le Festival d’Angoulême dont la 37ème édition aura lieu cette année du 28 au 31 janvier 2010 est aussi connu aujourd’hui, que ce soit au niveau national ou international, c’est parce qu’il a pu rallier des partenaires fidèles et sincères dont l’engagement dans la bande dessinée est quasi naturel. Banque des jeunes, la Caisse d’Epargne a tout naturellement prêté son concours à cet épanouissement.

ecolebd Depuis 1984, la Caisse d’Epargne est aux côtés de la BD en France. Partenariat du Festival International de la BD à Angoulême, elle  a été l’un des ses plus anciens et de ses plus solides soutiens, en particulier parce qu’elle organise depuis de longues années  le concours de la BD scolaire, mais aussi l’opération « Gang des talents » qui fait la promotion des jeunes créateurs de BD, et également en parrainant les différents prix du Festival parmi lesquels le Prix Jeunes Talents et l’Essentiel Jeunesse.

26 ans !

1984… Cela fait plus d’un quart de siècle ! On commence à ne plus savoir compter les jeunes pousses qui, ayant concouru pour le concours de la BD scolaire, sont devenues aujourd’hui des auteurs de BD professionnels. Les membres du « gang des talents » savent aussi ce qu’ils doivent au « coup de pouce » de la Caisse d’Epargne. On sait que la banque n’est pas seulement présente à Angoulême à la fin du mois de janvier : tout au long de l’année, elle soutient plusieurs autres festivals de BD, comme récemment le Festival de Blois par exemple, ou encore le Prix des Libraires qui, cette fois, distingue des auteurs confirmés.

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