C’est un fait évident ces dernières années : le prix des planches de bande dessinée s’envole dans les ventes publiques et l’ouverture de galeries de vente d’originaux de BD se multiplie ces derniers mois, en raison d’un regain d’intérêt des collectionneurs pour le Neuvième Art, par goût et mais aussi en raison de la qualité de l’investissement…
780.000 euros pour un original d’Hergé, 177.000 euros pour un original de Bilal, un million de dollars pour un comic-book de Superman de 1938 ou de Batman de 1939… Le petit monde des bulles s’emballe dans les ventes publiques ces derniers temps. La BD deviendrait-elle le nouvel Eldorado des investisseurs ?
« Il y a simplement plein de gens de la nouvelle génération qui ont lu des bandes dessinées et qui se disent que l’Art contemporain, c’est trop cher, nous dit Eric Leroy, expert BD pour la maison de vente Artcurial. Au moins, c’est figuratif, cela fait appel à des souvenirs d’enfance… Et puis aujourd’hui, il y a des vrais talents, des grands dessinateurs et des grands peintres qui travaillent en couleur directe, donc le marché s’élargit. « Est-ce un feu de paille, une courte folie de la part de spéculateurs ? « Il n’y pas pour le moment de spéculateurs, répond Eric Leroy, il y a en revanche le marché en galerie et le marché en vente publique. Le public est quand même un petit peu différent, même si, à 50%, on retrouve les mêmes acheteurs. Il y a de plus en plus de ventes publiques et je pense que pour protéger le marché, il y aurait intérêt à s’entendre sur les dates car beaucoup de collectionneurs trouvent dommage que les ventes se fassent à des dates rapprochées. »
L’expert est rétif, en terme de BD, de parler pour le moment d’ « investissement » : « C’est un mot que j’ai toujours banni, nous dit Leroy. Une planche de bande dessinée, on l’a à son mur même si la bourse chute de 50%, c’est plus une valeur-refuge. Quelqu’un qui aurait acheté du Hergé ou du Bilal, il y a cinq ans, a largement profité de son achat. »


