Mundo-BD Les fantaisies animalières de Virginie Vertonghen | Mundo-BD

Pasamonik Le dessin de Virginie Vertonghen est simple, enjoué, clair et sans détour. Comme son auteure. Cette jeune femme au rire clair n’a pas non plus la langue en poche. Elle est même, à tout dire, un vrai personnage !

Née à Namur le 22 avril 1974, elle découvre sa vocation en barbouillant les murs de sa maison familiale. « J’ai toujours dessiné, dit-elle, toujours. J’étais une enfant hyperactif et il n’y a que le dessin qui me canalisait. » Ses parents qui se souviennent d’un arrière-grand-père qui faisait de la dinanderie, une technique de martelage du métal, un grand-père sculpteur amateur, des oncles qui tâtaient de la peinture le dimanche, acceptent assez vite qu’elle embrasse une carrière artistique. Ca tombe bien, car l’école n’est pas trop adaptée à notre remuante dessinatrice.

Virginie Vertonghen Dès la troisième, la petite virginie rejoint donc les Beaux-Arts de Namur. Elle passe ensuite à Saint-Luc à Liège, en classe de bande dessinée et d’illustration : « J’y suis venue dans le but de faire de l’illustration animalière hyper-réaliste, raconte la dessinatrice. Mais mon prof m’a carrément menacée, m’interdisant de dessiner « mes petits machins réalistes ». Alors, j’ai commencé à changer un peu de style et à simplifier pour arriver à une Ligne Claire très stylisée. »

Une fois son diplôme en poche, Virginie Vertonghen n’a pas à chercher du boulot, il vient à elle : « J’ai eu de la chance car, à la fin de l’année, Michel Demeulenaere, le patron des éditions Mijade, est venu nous voir avec des scénarios. Un rêve pour toute dessinatrice débutante ! Je leur ai fait un premier album : « Ne sors pas, petit cochon ! » avec Christian Merveille (2000) qui leur a plu. Quatre autres albums ont suivi. » Mais au bout de cinq tomes, elle a l’impression de tourner en rond.

Vers la bande dessinée

Petit cochon Heureusement, dans le même temps, elle avait cultivé une passion : créer des personnages de bande dessinée sous la forme de figurines. Au départ, c’est une petite annonce sur le tableau des élèves à Saint-Luc : « Cherche sculpteur ». Virginie pense qu’il s’agit là d’une entreprise du genre de Leblon-Delienne qui produit des personnages de bande dessinée pour les collectionneurs. En fait non, il s’agissait d’un artisan qui travaillait le plat d’étain en ronde-bosse, ce genre de « souvenir officiel » qui représente les personnages folkloriques locaux ou l’hôtel de ville de Schaerbeek ou de Charleroi. Et notamment bon nombre de portraits d’animaux pour lesquels Virginie crée les matrices, près de 250 modèles en tout, qu’elle réalise comme travail d’étudiante à côté de ses études. Voyant le personnage d’un ami dessinateur, elle en fait une figurine. Elle plaît tant que l’idée lui vient de faire de même pour d’autres collègues dessinateurs et de les vendre. C’est aujourd’hui une activité qu’elle développe à côté de son métier de dessinatrice.

Vavache T.1 C’est par Carine De Brabanter que Virginie apprend qu’une nouvelle collection se lance chez Dupuis : “Puceron-Punaise”, dirigée par Denis Lapière, des bandes dessinées pour enfants destinées à des lecteurs débutants. Intrépide, Virginie demande à la dessinatrice de Sac à puces, si elle accepte de raconter des histoires avec un de ses personnages. C’est La Vavache (2008), une vache qui roule en patins à roulettes ! Quelques semaines plus tard, la scénariste revient avec plein d’idées, Virginie se met au boulot. Mais la rencontre avec les éditeurs chez Dupuis, Denis Lapière et Laurence Van Tricht, rabat son enthousiasme. Son dessin est trop illustratif. Déçue, elle supplie Carine De Brabanter de l’aider à se débarrasser de la « patte » de l’illustratrice pour apprendre à faire de la BD. Pendant deux mois, elle travaille d’arrache-pied. « J’avais en effet trop tendance à recadrer ses images pour faire joli. C’est ce qu’il ne fallait pas faire : la BD est avant tout une narration. » De retour chez Dupuis, elle est engagée !

Aujourd’hui, la Vavache en est à son troisième album et un quatrième est en cours. Lointaine cousine de Babar, la Vavache vit des histoires simples et muettes où se partagent l’humour et l’amitié. C’est gentil sans être mièvre, à la fois fin et malicieux. Le dessin est d’une lisibilité sans pareille.

Vavache planche

Virginie Vertonghen envisage même de revenir à l’illustration. Mais le dernier projet qu’elle a proposé à L’École des Loisirs lui a valu cette remarque : « Cela fait trop bande dessinée ! » La vie est un éternel recommencement !

Didier Pasamonik

Illustrations :

  1. Virginie Vertonghen par Didier Pasamonik
  2. Ne sors pas, petit cochon ! par Christian Merveille et Virginie Vertonghen. Ed. Mijade, 2000.
  3. La Vavache par Carine De Brabanter et Virginie Vertonghen. Trois albums aux éditions Dupuis.
  4. La Vavache par Carine De Brabanter et Virginie Vertonghen. © Dupuis

La caricature de Didier Pasamonik (en médaillon) est d’Alexandre Franc


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Auteur:
Didier Pasamonik
Date:
Mardi, novembre 3rd, 2009 at 10 h 14 min
Categorie:
Actualités, BD Européenne
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